Y-a de la place en masse dans ________ ?

Mon Jacuzzi? Peut-être que oui, mais ce n’est pas notre sujet cette semaine. Mais devrait-il toujours y avoir de la place?

Les sujets dont je parle ici sont souvent reliés aux familles en affaires ou, comme on dirait en anglais, les “business families”.

Il y a une distinction importante entre ces deux groupes, c’est-à-dire la “famille” et la “business”. Y-a-t-il toujours de la place dans la famille, dans la business ou les deux?

Pour moi la réponse est assez évidente, mais je reconnais que pour plusieurs, ce n’est pas toujours facile de démêler ces deux groupes. Pour certaines familles, quand on fait partie de la famille, c’est un acquis qu’on va travailler dans la compagnie .

Pour d’autres, c’est moins certain. Souvent, il n’y a pas assez de place pour tous dans la business, ce qui peut amener à de la jalousie, mais dans d’autres circonstances, il peut y avoir des sentiments d’obligation envers la famille.

Il n’y a rien de nouveau ici, mais je veux stimuler la reflection aux lecteurs qui font face à ces situations dans leurs familles et dans leurs entreprises.

J’ai eu l’opportunité récemment de parler avec la mère d’une famille qui gère une compagnie avec des centaines d’employés.

Pour ce genre de famille, la question de trouver une place pour ses quatre enfants dans la business est certainement moins difficile que ce sera pour une famille qui détient un simple dépanneur.

Une des premières étapes est de savoir si chaque membre de la famille veut travailler au sein de l’entreprise familiale. Notons aussi que la réponse pourrait différer selon l’âge de la personne, en plus de ses circonstances personnelles.

Il faudra aussi se questionner si l’entreprise a de la place pour accueillir cet employé. Comme c’est souvent le cas, les ambiguïtés peuvent se présenter ici. Dans quel rôle? À quel salaire? Est-ce qu’on lui “crée une job”?

Y-a-t’il une liste de pré-requis avant de même être considéré pour un emploi dans l’entreprise familiale? Ou est-ce que des pré-requis s’appliquent uniquement pour ceux qui espèrent occuper un rôle de gestion? Ou pour devenir actionnaire?

C’est assez facile de faire comprendre aux gens que les places dans une entreprises peuvent être limitées, et c’est donc fort possible que certains membres de la famille ne pourront pas devenir employés dans la compagnie familiale.

Mais si c’est possible qu’il n’y ait pas de la place en masse dans la compagnie, où est-ce qu’il a toujours de la place?

Y-a de la place en masse dans la famille.

Ceci semble de toute évidence pour la majorité des gens. Par contre, ce qui arrive trop souvent, c’est que le choix des priorités entre la compagnie et la famille est complètement à l’envers.

L’emphase est trop souvent sur le “quoi” et le “combien” de grandir la business. C’est bien beau de bâtir quelque chose qui nous donne une fierté, une richesse et un style de vie confortable.

D’après ce que j’ai déjà vu, trop fréquemment, la partie qui se fait oublier est celle de la famille.

Dans la famille, on parle moins de “quoi et combien”, mais plutôt de “pourquoi”, “comment”, et “pour qui”.

Mon livre, Changer votre vision de l’entreprise familiale, a comme titre secondaire “Cessez de travailler dans votre entreprise familiale et travaillez plutôt sur votre famille entrepreneuriale.”

À un certain point, le “leadership” de l’entrerprise et de la famille doit reconnaître que la compagnie est un ACTIF qui appartient à la famille, mais que leur vrai héritage passera par les membres de leur famille, peu importe ce qui se passe avec l’entreprise au fil du temps.

J’aimerais souligner un point important ici. Je ne parle pas de situations noires ou blanches. Je ne recommande pas d’abandonner l’un pour se lancer dans l’autre.

Mais étant donné que c’est souvent la famille qui écope, et que travailler dans la business est plus “motivant, fun, et facile” et que c’est plus naturel et ça fait partie de nos réflexes, on doit parfois se forcer à regarder l’importance de la famille et la prioriser.

Il doit avoir de la place en masse dans la famille, pour tous et chacun, peu importe leur contribution à l’entrerprise.

 

Évolution ou Révolution? À vous de choisir…

Évolution ou Révolution? À vous de choisir…

Étant né dans une famille entrepreneuriale, j’ai toujours eu un intérêt à suivre leurs différentes façons de faire. On peut y voir de très beaux exemples de pratiques qu’on voudrait utiliser comme modèle, et d’autres qu’on voudrait éviter à tout prix.

J’aimerais partager une façon de penser à ce sujet qui m’est venue à l’esprit dernièrement.

Dans n’importe quelle famille, au cours des années et des décennies, il existe une certaine évolution naturelle. On est né, nos parents prennent soin de nous, et éventuellement, nous avons nos propres enfants, et nous prenons soin d’eux.

En même temps, nos parents vieillissent, et ils bénéficient du fait qu’ils ont eu des enfants, qui deviennent une ressource pour eux, quand ils ont besoin d’aide. Les enfants finissent par prendre soin des parents.

J’espère que mes enfants seront là, disponibles et motivés pour me venir en aide quand j’en aurai le besoin.

On pourrait décrire cette situation comme une évolution. Les membres de la famille passent chacun par toutes les phases de la vie, de façon assez prévisible, dans la majorité des cas.

Mais là, arrêtons de parler de familles en général, et concentrons-nous sur les familles entrepreneuriales. Il y a beaucoup de différences entre ces familles et des familles dites “normales”, mais nous allons viser une caractéristique en particulier.

Je ne présume pas que toutes les familles qui sont menées par un entrepreneur qui a eu beaucoup de succès sont pareilles, puisqu’il existe beaucoup d’exceptions à la règle.

Mais trop souvent, les entrepreneurs qui ont bâti leur entreprise, et ainsi leur fortune, ont beaucoup de difficultés à laisser leur place à ceux qui suivent.

Ce n’est quand même pas trop surprenant. Ils ont réussi leur vie en se battant à tous les jours, très souvent face à du monde qui les doutait, et qui leur disait qu’ils ne réussiront pas. Malgré ces obstacles, ils ont quand même survécu, et même triomphé!

Éventuellement ils atteignent l’âge de 65, 70, 75, 80, et tout le monde se met à les questionner sur leur avenir, sans vraiment cacher leurs opinions, qui penchent sur l’idée de ralentir, passer le flambeau, jouer au golf, et voyager.

Ces gens ont passé leur vie à contredire ceux qui les questionnaient, pourquoi changeraient-ils maintenant?

Le plus gros problème revient au sujet que nous discutions tantôt, l’évolution. Nous avons constaté que l’évolution était plutôt naturelle.

Mais quand on essaye trop fort de combattre l’évolution naturelle, il y a quelque chose d’autre qui arrive. J’appelle ça la Révolution.

Pendant que l’entrepreneur atteint 65, 70, 75, etc., qu’est-ce qui se passe avec ses enfants? Ils arrivent à 35, 40, 45, 50, etc., mais la place qu’ils s’attendaient à prendre n’est toujours pas libérée. Au début, ils patientent, pensant que le “jour J” arrivera sans doute bientôt.

Malheureusement pour eux, ils risquent d’attendre beaucoup plus longtemps qu’ils le souhaitaient, ce qui sème les graines de la révolution.

Il n’y a pas de solution miracle à ce phénomène, mais j’aimerais vous donner un peu d’espoir.

D’abord sachez que dans la grande majorité des familles, les parents décèdent avant leurs enfants, donc la nature est toujours de votre bord, si vous êtes parmi ceux et celles qui commencent à manquer de patience.

Mais sans farce, j’ai quelques conseils qui vous seront peut-être utiles.

D’habitude, la confrontation ne fonctionne pas très bien, mais le silence non plus. Des conversations, ouvertes, honnêtes, et qui mettent les cartes sur la table, sont de rigueur. Mais quand on pousse trop fort, trop vite, on risque de provoquer de la résistance.

Le respect et la patience sont aussi importants. Certains disent que ceux qui ne veulent pas partir ont peur de perdre leur identité et leur raison d’être. Aidez-leur à surmonter ces défis, réconfortez-les de toutes les manières possibles, mais soyez prêt à recevoir des objections tout au long du trajet.

Ces options sont préférables à la révolution, mais parfois la menace d’une révolution est quand même nécessaire. Mais avant d’y arriver, pensez peut-être à rentrer une personne externe, pour faciliter les discussions. Vous en connaissez sûrement au moins une.

 

Que faire avec les jeunes?

En juillet, j’avais écrit un blogue qui répondait à une question posée par une participante lors d’une session du cours Triomphe, de l’École d’Entrepreneurship de Beauce, à laquelle j’ai eu le plaisir de participer comme invité.

Cette semaine, en emménageant mon nouveau bureau, j’ai tombé sur le dossier dans lequel j’avais gardé les autres questions auxquelles je n’avais pas eu le temps de répondre, et le “timing” était parfait, puisque j’avais déjà décidé que j’étais dû pour écrire un blogue en français, et je n’avais pas encore trouvé un sujet à mon goût.

J’ai choisi une question venant d’un homme qui approachait la soixantaine, et qui avait des enfants adolescents.

Voici la question: “J’ai deux enfants qui sont trop jeunes pour la relève, mais qui sont intéressés aux affaires, et à être dans l’entreprise dans le futur. Que faire?”

J’aime beaucoup cette question, surtout parce que le questionneur l’a déjà séparée en deux pour moi, ce qui la rend plus facile à répondre. Je m’explique.

Les jeunes sont “intéressés aux affaires”, et ils ont un désir à “être dans l’entreprise” un jour. Remarquons les différences.

Aider nos enfants à développer leurs intérêts, que ce soit aux affaires, aux sports, à la musique, etc., est un des plus gros plaisirs qu’un parent puisse avoir, surtout si le sujet en est un dans lequel le parent a aussi un fort intérêt.

Mais soyons clairs ici; un intérêt “aux affaires”, c’est-à-dire le commerce, les finances, l’achat et la vente de produits et de services (en général), ne doit pas être confondu avec MA compagnie, qui produit et vend quelque chose dans un marché (en particulier).

Je vous suggère fortement d’aider vos enfants à developper et explorer leurs intérêts et leur compréhension de tout ce qui est connecté avec les affaires, l’argent, leurs finances personnelles, le marketing, l’immobilier et les hypothèques, etcetera, sans les limiter aux activités de votre entreprise.

Les opportunités pour ce genre de discussion se produisent litéralement à chaque jour, et dans une variété de circonstances. À la maison, écoutez la télé ensemble, prenez le temps d’enregistrer les épisodes de “Dans l’oeil du dragon” ou Dragon’s Den ou Shark Tank.

Il existe également des émissions axées sur la restauration, l’immobilier, et toutes sortes d’activités commerciales. Il y en a peut-être moins de ces programmes à la télé francophone, mais c’est une autre bonne raison et occasion de faire un peu d’immersion anglophone, ce qui les fera aussi du bien à long terme.

Quand vous vous promenez en ville, en auto ou à pied, remarquez les annonces et les commerces, et parlez ensemble des enjeux, des stratégies, des prix, de tout ce que vous voyez.

Les occasions de découvrir et de développer les forces et les intérêts particuliers de chaque enfant ne cessent de se produire. Il s’agit simplement de les reconnaître et d’entamer une discussion.

“Pourquoi McDo met l’emphase sur ses trios? Est-ce qu’on sauve vraiment de l’argent en choisissant le trio versus l’achat des trois items séparément?” Et, “mais pourquoi ils veulent me faire ‘sauver’ de l’argent quand ils essayent de ‘faire’ de l’argent sur la vente?”

Avec ces discussions, vous apprendrez beaucoup sur vos enfants, et aussi à vos enfants. Et en même temps, ils deviendront, malgré eux, ce qu’on appelle en anglais “financially literate”, c’est-à-dire, ils seront plus à l’aise avec tous les sujets entourant l’argent et les affaires.

Selon moi, c’est un des plus beaux cadeaux qu’on peut offrir à nos enfants, même s’ils décident un jour de poursuivre leur carrière dans un autre domaine.

Si les enfants démontrent un jour un désir de devenir entrepreneur et de se lancer en affaires, vous pourrez certainement regarder la possibilité de les engager dans votre entreprise. Mais ne soyez pas surpris ou déçu s’ils décident plutôt un autre marché ou opportunité, qui s’enligne plus avec leurs intérêts et forces.

Votre entreprise est un actif que vous pouvez vendre à quelqu’un qui ne fait pas partie de votre famille. Après, si vous voulez aider vos enfants à se lancer en affaires dans une business qui les motive vraiment, allez-y. Et ça sera leur entreprise! 

La magie exponentielle de la collaboration familiale

J’ai eu la chance dernièrement de dîner avec un homme qui fait partie de la deuxième génération (G2) de sa famille entrepreneuriale, et comme d’habitude, j’ai appris beaucoup de nouveau sur sa famille, mais j’ai aussi entendu de vielles histoires communes.

Quand je mentionne que les histoires étaient communes, je veux dire que tandis que chaque famille se croit unique, (ce qui est VRAI), ceci ne veut pas dire que cette famille ne pourra pas bénéficier des idées et de solutions que d’autres familles ont déjà utilisées.

Et, comme c’est si souvent le cas, les situations qui préoccupaient ce monsieur n’étaient pas nécéssairement des questions concernant les entreprises que possèdent la famille, mais plutôt sur les relations entre les membres de sa famille.

Le temps que nous avons passé ensemble était très valorisant pour moi, puisque l’homme venait de lire mon livre, Changez votre vison de l’entreprise familiale, et le fait qu’il me citait des passages que j’avais écrits était un peu nouveau pour moi.

Il avait apprécié mes idées sur l’importance de penser à un avenir où la génération qui contrôle pour l’instant ne sera plus en charge, et de prendre de l’avant en s’organisant, comme famille, pour prendre la relève.

Mais même si les transitions du côté “business” sont en partie déjà entamées, c’est surtout du côté “famille” que les futurs problèmes auront encore plus de conséquences, et ils doivent s’en méfier encore plus de ceux-ci.

La bonne nouvelle pour lui, c’est qu’il a une soeur qui semble aussi concernée que lui du fait que le temps est arrivé pour agir. De plus, il y a, dans cette famille, aussi au moins un membre de la troisième génération (G3) qui est d’avis que ce serait important d’agir maintenant, pendant que le leader du G1 est toujours présent.

Et de là le titre de ce blogue. En réfléchissant sur leur situation, j’essayais de trouver une façon d’expliquer à cette famille comment l’intérêt des différents membres de la famille pourrait s’avérer très pertinent pour eux.

Cette belle situation pourra même presque garantir que leur famille puisse vraiment faire des progrès intéressants, comparée aux familles où chaque membre se croit seul et impuissant de faire bouger des choses à lui-même.

J’ai finalement décidé d’aller avec une analogie mathématique, et je veux la partager avec vous ici.

Si une personne agissant seule peut avoir un effet sur une situation qui se mesure par un facteur de 1, je soumets qu’en travaillant ensemble, deux personnes pourraient avoir un effet exponentiel, c’est-à-dire 2 au 2ième pouvoir, pour un résultat de 4.

Évidemment je n’ai pas de preuve scientifique pour la théorie que j’avance, mais pensez-y un moment.

Dans une famille avec une quinzaine ou une vingtaine de membres dans les trois générations, la force que deux membres agissant ensemble peuvent avoir, pour faire des suggestions, des démarches, ou des changements, se doit être beaucoup supérieur aux résultats qu’une personne toute seule pourrait espérer.

Allons un peu plus loin, maintenant. Si les deux premiers réussissaient à convaincre un autre membre de la famille d’embarquer dans leur cause, imaginons comment leurs chances s’amélioreraient à trois!

Je prétends qu’on pourrait appliquer exactement la même formule que tantôt, c’est-à-dire qu’avec 3 personnes, nous serons rendu à un facteur de 9, ou 3 fois 3.

L’idée de s’organiser en famille suscite souvent de l’hésitation parmi ceux qui voient les obstacles plus clairement que les bénéfices. En se mettant ensemble, petit à petit, les membres intéressés par ces démarches se donnent la chance de surmonter les premiers obstacles, et de créer du momentum.

Voici les conseils les plus importants que je peux vous donner au sujet de la participation (ou non) des membres de la famille qui vous inviterez à vous joindre:

  • Vous pouvez définir le groupe que vous visez de n’importe quelle façon logique que vous voulez. (ex., G2 seulement; G2 et conjoints; G1 et G2 famille seulement; G3 seulement; etc.);
  • C’est plus facile de commencer avec un petit groupe;
  • Aussitôt défini, pour n’importe quelle réunion, vous devez inviter tous les membre de ce groupe;
  • Vous ne pouvez pas forcer quiconque à participer.

Avec ceci, je vous lance le défi. Avez-vous le courage qu’il vous faut?

Relations Harmonieuses Maintenant; Mais Après?

J’ai eu le plaisir dernièrement de passer du temps avec plusieurs couples qui étaient tous au stade de leurs vies où la planification d’une transition inter-générationelle de leur entreprise familiale était un de leurs plus gros défis.

Le tout faisait partie du programe Triomphe de l’École d’Entrepreneurship de Beauce, où j’avais été invité pour discuter de mes expériences et de mon livre, Changez votre vision de l’entreprise familiale.

En fin d’après-midi, je me suis présenté au groupe, et ensuite ma tâche était de répondre à quelques-unes de leurs questions. N’ayant pas eu la chance de répondre à toutes leurs questions, j’ai décidé d’en faire le sujet de quelques blogues.

Cette semaine, c’est la question d’une mère, qui s’inquiètait sur la relation entre son fils et sa fille, mais pas pour aujourd’hui. Je vous laisse lire le texte de sa question:

“ Comment peut-on s’assurer que la relation entre les deux relèves, frère et soeur, vont continuer en harmonie, au fil du temps, à travers la difficulté, quand on y est plus?”

Wow, toute une question, une chance qu’il me reste encore plusieurs paragraphes pour tenter une réponse! Mais elle n’est certe pas le seul parent à avoir ce souci non plus.

Et une chance aussi que je n’ai pas essayé de répondre sur le coup, puisque c’est une question qui demandait beaucoup de réflection pour donner une réponse complète, et j’aurais sûrement manqué au moins une partie de ce qui suit.

En effet, ma meilleur réponse contient trois volets;

  1. Des conversations, 2. Une cédule, 3. Un parti neutre.

Conversations

Nous avons tous des soucis pour nos enfants, et trop souvent nous les gardons à l’intérieur. Je recommande fortement de prendre le temps et de faire l’effort d’en parler ensemble, en famille.

Si c’est plus facile d’aborder le sujet un-à-un, faites le ainsi, mais parlez-en. C’est presque toujours les non-dits qui causent les plus gros problèmes.

Et n’attendez pas la chicane avant d’agir, c’est toujours mieux de parler ensemble et de partager nos pensées quand tout va bien.

En discutant ensemble, vous avez la chance de réussir deux chose. Premièrement, vous allez vous soulager d’avoir lancé le sujet pour qu’on puisse en parler ouvertement ensemble.

Et deuxièmement, les paroles de vos enfants, qu’ils vont prononcer devant vous, seront très difficiles pour eux à oublier quand vous n’y serez plus.

Ça vaut la peine, et c’est bon pour toute la famille.

Cédule

D’autres experts iront plutôt avec un mot comme “gouvernance”, mais je n’aime pas ce mot parce que chaque personne y attache une définition différente, et souvent ce mot fait peur aux gens.

La cédule, et surtout ce qu’on va faire avec, va accomplir les débuts de la gouvernance pour l’entreprise familiale.

Pendant que Maman et Papa sont encore impliqués, je recommande fortement de prendre le calendrier annuel et de céduler au moins 2, ou peut-être même 4, rendez-vous familiaux, où vous aller discuter uniquement du sujet suivant:

Nous possèdons une entreprise familiale, mais encore plus, nous sommes une famille entrepreuriale, et c’est la famille qui doit remporter.

Ce sont les débuts de votre “conseil de famille”. Vous développerez votre propre ordre du jour, vous ferez un compte rendu, vous allez céduler votre prochaine rencontre, etc. Mais vous allez formaliser un processus pour discuter des sujets importants dont on n’en parle pas tous les jours.

Parti Neutre

J’en parle souvent, mais à long terme, il est primordial d’avoir une personne externe, avec un nom de famille différent, à qui la famille a accès, et en qui ils ont tous confiance, pour discuter des sujets inter-personnels.

Ça pourrait être un employé sénior, un professionnel externe (avocat, comptable), un ami ou voisin, ou peut-être une personne d’une autre famille que vous connaissez qui a déjà fait face à ces sujets.

L’important c’est de commencer à inviter cette personne à vos réunions de conseil de famille au moins une fois par année, pour qu’elle puisse suivre le fil des sujets importants.

Ça prend les Trois

Je sais très bien que la grande majorité des familles ne suivront pas les conseils ci-hauts, mais je sais également que pour chaque famille qui décide de tenter de les suivre, les chances de faire un succès de leur transmission inter-générationnelle seront grandement améliorées.

[Si vous avez une question sur les entreprises familales que vous voulez me lancer pour en faire le sujet d’un blogue, allez-y. Merci!]

 

Transférer son entreprise et son patrimoine ensemble?

Le transfert d’une compagnie d’une génération d’une famille à la suivante est un projet qui fait peur à beaucoup de gens, tant ceux qui font partie de ces familles que les professionnels qui les aident.

Il y a plusieurs choses qui peuvent compliquer la tâche des familles dans ce genre de transfert, surtout puisqu’il consiste en réalité de plusieurs transferts, et que ces transferts varient en ce qui concerne leur début, leur fin, leur durée, et le fait qu’ils peuvent se chevaucher dans le temps ou non.

Je parle ici non seulement de qui fait quoi, mais aussi de qui en profite, quand, et comment. En plus, qui décide, qui contrôle, qui a le droit de faire quoi, qui est responsable, qui doit être consulté avant, qui doit être avisé après, etc.

En grande ligne, il y a le transfert des actions d’une entreprise (en anglais, ownership), et le tranfert de la gérance de la compagnie (management). Plus l’entreprise est petite, plus il est probable que le nombre de personnes impliquées est petit, et plus l’entreprise est grande, plus il y a de monde, ce qui augmente la complexité.

Pour chacune de ces questions, il existe une variété presque infinie de possibilités, même s’il y a des “règles générales” qu’on peut suivre.

Aux États-Unis, la population est assez vaste et la valeur monétaire des entreprises familiales est assez grande qu’il existe un grand nombre de spécialistes qui sont disponibles pour servir ces familles et compagnies, et les avocats et fiscalistes sont très créatifs et les aident avec diverses façons de minimiser leurs impôts en même temps.

L’influence américaine se fait sentir également au Canada anglais, malgré que nous avons (heureusement) moins d’avocats. Au Québec, l’influence se fait sentir beaucoup moins.

De mon point de vue, le Québec est une société distincte à bien des égards, incluant évidemment la langue et la culture, mais aussi par rapport aux façons dont les familles traitent leur héritage d’une génération à l’autre.

Ici, quand on parle de la relève, c’est souvent vu comme une question de ressources humaines de la société, plutôt qu’une question de s’assurer qu’un membre de la famille soit intéressé et capable de remplacer le parent entrepreneur.

Comme exemple, quand j’ai appris que Groupe Relève Québec existait, je me suis intéressé instantanément, et j’étais très surpris d’apprendre que les gens qui se spécialisent dans les entreprises familiales sont qu’une petite minorité du groupe.

Il y a aussi le cas de CAFÉ, (Canadian Association of Family Entreprise) qui existe depuis plus d’une trentaine d’années, mais que depuis bien des années n’a aucune présence au Québec.

Nous avons pourtant beaucoup d’entrepreneurs, et beaucoup de compagnies familiales. C’est peut-être grâce au Groupement des Chefs d’Entreprises et son succès qu’il n’y a plus de place pour CAFÉ?

Il y a déjà eu des efforts pour créer des associations semblable à CAFÉ pour les Québecois, mais leur succès a été questionable. Je sais que HEC et McGill avaient eu le Centre International pour les Familles en Affaires (CIFA), mais ma recherche sur Google me revient avec des liens qui datent des années 2010 à 2012.

Je vois aussi des mentions pour Institut Québecois pour les Familles en Affaires, incluant une nouvelle récente disant que la famille Molson a contribué une somme d’argent pour son soutient.

Si je reviens au titre de ce blogue, je parlais de transfert d’entreprise et de patrimoine, en même temps. Ceci ne veut pas dire que je crois que garder la compagnie dans la famille est toujours la meilleure solution, parce que c’est loin d’être la réalité.

Ce que je préconise, c’est que les propriétaires d’entreprises fassent une bonne analyse et une longue réflection pour voir comment ils vont transférer non seulement la compagnie qu’ils ont créée, mais aussi la valeur de cette entreprise en tant que patrimoine familial pour la génération suivante, si possible ensemble.

Pour moi, il me semble qu’ailleurs c’est beaucoup plus commun et c’est une plus grande priorité qu’ici, et j’aimerais faire partie de l’amélioration chez nous.

 

La Traduction Non-Simultanée

J’ai pris la décision récemment de faire traduire mon livre en français, et j’ose dire que je le fait “à la demande populaire”. Peut-être que j’exagère un petit peu là-dessus, mais nous verrons avec le temps.

Quand quelqu’un me décrit comme étant “parfaitement bilingue”, je ne suis pas d’accord, puisque je suis très conscient de mes limites en français. Oui, j’écris parfois des blogues en français, moi-même, tout seul, mais je ne les publierai jamais sans les faire réviser par quelqu’un d’autre avant de peser sur le piton “publish”.

C’est ma fille qui me rend ce service, et elle le fait avec plaisir, surtout depuis que je lui offre $2 pour chaque erreur qu’elle trouve et corrige. Elle n’est pas encore rendue riche, mais disons que j’ai déjà écrit quelques blogues qui m’ont coûté chers, à cause de mon inattention aux règles de grammaire que j’avais pourtant apprises au primaire à l’École St-Rémi dans les années 70.

Mais c’est une réalité qu’au Québec, avoir son livre en anglais, mais de ne pas avoir une version française, ce n’est pas idéal. J’hésitais de le traduire dès le début pour diverses raisons, incluant le coût de la traduction, la question de la distribution au Québec, et surtout la complexité de traduire le titre et les noms des chapitres clés.

Le titre anglais est “SHIFT your Family Business”, où les lettres du mot “SHIFT” sont un acronyme basé sur les mots Start, Help, Invest, Flexible et Talk.

Je n’ai aucune idée comment traduire tout cela de façon claire et précise, tout en créant quelque chose qui sonne bien et qui a de l’allure.

J’ai octroyé le contrat de traduction à une professionelle du domaine et je me fie sur elle. Une semaine après lui avoir donné le projet, je lui ai posé la question sur ses idées pour le titre, et elle m’a répondu qu’elle préfèrait attendre d’avoir complété le travail, pour bien comprendre l’étendue de mon message, avant de le baptiser.

J’ai trouvé sa réponse géniale; mais j’ai tellement hâte de voir comment nous allons l’appeller!

Retournant maintenant sur le titre du blogue, je procède aussi à la traduction non-simultanée de mon site web, de mes cartes d’affaires, etc.

La tâche de développer son identité et de faire son “branding” professionel est très important pour le marketing de services, donc j’ai décidé de faire ces démarches dans ma langue maternelle en premier.

Il y a un certain temps, je regardais la nécessité de faire traduire tout mes outils de marketing en français d’un point de vue négatif, comme un mal nécessaire. Avec le temps, et avec un peu de réflection, (et en parlant avec de plus en plus de gens francophones) je le vois d’un autre oeil.

Même si j’admets de ne pas être “parfaitement” bilingue, je suis facilement “assez” bilingue pour rendre mes services dans les deux langues. Et il n’y a aucun point négatif là. Si ceci n’est pas un atout, je ne sais pas qu’est-ce qui se qualifie comme étant un atout.

Ce blogue tire bientôt à sa fin, et je n’ai pas encore essayé d’y attacher un angle “entreprise familiale”, à part le fait de payer ma fille pour ses talents de rédactrice.

Allons-y avec celui-ci: Un entrepreneur qui bâti une entreprise a souvent tous les talents nécessaires pour créer quelque chose de valeur pour sa famille, mais il a parfois de la difficulté à TRADUIRE ses efforts de façon que ses enfants, et ses petits-enfants, pourront continuer à en bénéficier.

En cas d’urgence, j’aurais pu traduire moi-même mon livre. Mais je connais mes limites, et j’ai décidé d’engager une professionelle, une spécialiste, qui connait ce métier beaucoup mieux que moi. Au bout de la ligne, le résultat sera sûrement plus satisfaisant.

NDLR: ce blogue a coûté à mon père 14$.

L’importance d’offrir un choix éclairé

Dernièrement, j’ai eu occasion de réfléchir sur l’importance des choix éclairés, ou avertis. En réalité, c’était en anglais, et l’expression “informed choice” était utilisée, et j’étais donc confronté avec le choix entre “éclairé” et “averti” comme meilleure traduction.

La semaine passée, je prenais part à un cours sur la résolution de conflits, où j’ai eu la chance d’agir comme médiateur entre des partis opposants, dans plusieurs scénarios.

La méthode préconisée était basée sur des principes de “interest-based mediation”, ou médiation fondée sur les intérêts. Un des enseignants avait mentionné qu’un des buts du médiateur était de toujours s’assurer que les partis puissent faire un choix éclairé.

Je n’avais jamais pensé à cela de cette façon, mais je l’ai pris en note, avec mon stylo, dans mon cartable. Je l’ai aussi encerclé, et ajouté le mot “BLOG!” à côté.

Je ne prends pas souvent des notes, puisque je crois que les leçons importantes vont rester dans mon cerveau, et si je les oublies, elles n’étaient peut-être pas si importantes après tout.

Mais l’idée que le rôle d’un médiateur était de s’assurer que les partis fassent le choix d’accepter ou non une offre, mais seulement après avoir compris tous les enjeux, c’était révélateur pour moi.

Ceux qui me connaissent bien savent que je crois que la communication est le sujet le plus important parmi les membres d’une famille en affaires. Trop souvent le manque de communication et la mauvaise communication sont des sources de problèmes majeurs parmi les membres de telles familles.

Le résultat de ces erreurs de communication est que les gens prennent des décisions qui sont basés sur une perception des faits qui est loin d’être éclairée ou avertie, mais plutôt érronée et basée sur des hypothèses farfelues.

Quand je travaille avec des familles qui ne sont pas au point d’avoir besoin des services d’un médiateur, je les encourage de partager leurs idées, leurs points de vue, et de communiquer régulièrement sur ces points.

C’est toujours axé sur l’idée que les meilleurs choix et décisions sont pris après réflection, dans une situation où chacun peut dire qu’il agit avec toute l’information, et que ce sont des choix éclairés et avertis.

Caché derrière ce sujet, il y a un autre point très important, et c’est que les partis dans une médiation typique sont souvent déconnectés les uns des autres, et donc il existe parfois un avantage pour un des partis concernant l’information, la compréhension de la situation, et les alternatives disponibles.

Quand il s’agit des membres d’une même famille, je crois que ça devient encore plus important de s’assurer que chaque individu ait la chance de prendre sa décision avec les mêmes faits.

Hier j’ai écouté une présentation sur le web donnée par un collègue de Toronto, Jeff Noble de BDO, qui parlait de convention d’actionnaires. Il avait mentionné une statistique étonnante, disant que d’après des avocats, 80% des conventions entre actionnaires que ces avocats ont rédigées ne sont jamais signées! Mais pourquoi?

Le but de sa présentation était de convaincre des familles en affaires de développer leurs conventions de façon coopérative, ensemble, en partageant leurs perspectives. Comme ça, elles pourraient en arriver à un document que chaque personne signerait.

Et c’est pour ceci que j’avais décidé de titrer ce blogue “L’importance d’offir un choix éclairé, et pas seulement “L’importance d’un choix éclairé”.

Ce qui est à la fois très important et très difficile, c’est d’assurer que chaque parti agit avec l’ouverture d’esprit et l’attitude de partage qui est nécessaire pour arriver à des décisions durables.

On pourrait croire que dans les situations avec des membres de la même famille, ça serait plus facile, mais malheureusement ce n’est pas toujours le cas.

Heureusement pour ces familles, il existe des gens formés dans la médiation, le coaching, et l’animation de rendez-vous de familles qui peuvent les aider.

 

Bonne fête des paires

Depuis que mon père est décedé en 2008, chaque fête des pères soulève une variété d’émotions pour moi.

D’une part, je suis très reconnaissant des sacrifices que mon père avait fait, et ce, presque tout au long de sa vie, pour sa famille. D’une autre part, ma réflection devient difficile, puisque je suis tenté de me comparer à lui.

Et de là, le titre que j’ai donné à ce blogue, un jeu de mots, sur “père”, versus “paire”.

Ceux qui ont des enfants sont presque tous d’accord que tout change le moment qu’on devient parent, il n’y a pas trop d’exceptions là-dessus.

Et parmi les hommes que je connais qui ont perdu leur père, une grande partie comprennent la pertinence de l’expression: “C’est quand ton père meurt que tu deviens vraiment un homme”.

La fête des pères, pour moi, en tant que parent, est quand même assez spéciale. Mes deux enfants sont forcés à admettre que je suis un papa plus ou moins “adéquat” pour eux. Lors de leur passage au primaire, ils revenaient de l’ecole avec des cartes et des cadeaux fabriqués à l’école avec amour.

J’adore leur conter des histoires des fêtes des pères de ma jeunesse, où mes soeurs et moi avions essayé de confondre notre père avec des cadeaux bizarres.

Mon père était un homme sérieux, et pendant qu’il était en affaires, cela lui servait bien. À sa retraite, il était devenu un peu plus facile à approcher, surtout avec l’arrivée de ses petits-enfants.

Mais revenons au jeu de mots, pères, et paires. Pour mon papa, il n’avait pas beaucoup de paires dans sa vie. C’était lui le “boss”, au bureau, et chez nous.

Éventuellement, en vieillissant, il avait accepté qu’il n’était plus celui qui devait, ni qui pouvait, controller toutes les aspects et décisions dans sa vie. Presque tout d’un coup, il avait abdiqué son rôle de patron, pour accepter les décisions de ses enfants. Malheureusement, il était déjà rentré à l’hôpital pour la dernière fois quand ça c’est passé.

Durant les années où nous travaillions ensemble dans notre “family office”, même vers la fin quand je prenais la plupart des décisions, souvent sans lui en parler d’avance, c’était toujours clair que c’était lui le père ET le boss, et que j’étais le fils, ET l’employé.

Je ne sais pas si c’est parce que nous vivons dans un ère plus moderne, ou si c’est simplement mon style d’être parent, mais je ne préconise pas cette façon de faire.

Pour ma part, j’ai hâte que mes enfants deviennent mes paires. Ils n’y sont pas rendus encore, et ils ont encore bien des choses à apprendre, et ceci de leurs deux parents, en plus de l’école.

Dans certains domaines, notamment tout ce qui entoure les ordinateurs et la technologie, ils ont déjà une longueur d’avance sur nous, sans surprise. Dans d’autres, ils nous approchent à grand pas.

Mais personnellement, je prend beaucoup de fiérté en leur faisant confiance pour toutes les questions qui concernent leurs décisions personnelles, en leurs offrant mes conseils, mais sans leur dire quoi faire.

Je n’ai aucune ambition de controller mes enfants, et je veux qu’ils deviennent mes paires assez rapidement.

J’aimerais co-exister avec eux dans une ambiance de collaboration et d’entre-aide, pendant encore des dizaines d’années.

Je crois que cette attitude pourrait également être bénéfique pour d’autres familles. Les familles où le père contrôle tout, jusqu’à sa mort, sont chose du passée, n’est-ce pas?

Je vous laisserai réfléchir là-dessus.

Steve Legler “gets” business families.
 
He understands the issues that families face, as well as how each family member sees things from their own viewpoint.
 
He specializes in helping business families navigate the difficult areas where the family and the business overlap, by listening to each person’s concerns and ideas.  He then helps the family work together to bridge gaps by building common goals, based on their shared values and vision.
 
His background in family business, his experience running his own family office, along with his education and training in coaching, facilitation, and mediation, make him uniquely suited to the role of advising business families and families of wealth.
 
He is the author of Shift your Family Business (2014), he received his MBA from the Richard  Ivey School of Business (UWO, 1991), is a CFA Charterholder (CFA Institute, 2002), a Family Enterprise Advisor (IFEA 2014), and has received the ACFBA and CFWA accreditations (Family Firm Institute 2014-2015).
 
He prides himself on his ability to help families create the harmony they need to support the legacy they want. To learn how, start by signing up for his monthly newsletter and weekly blogs here.

Bien faire, ça prend du temps

Je deviens parfois frustré par le temps nécessaire pour accomplir certaines tâches, et je crois que la plupart des gens ressentent souvent le même sentiment. Il me semble que nous sous-estimons presque toujours le nombre de semaines ou de mois qu’un projet prendra, et la fréquence avec laquelle nous terminons les choses à temps (ou même en avance!) est effectivement très basse.

Des exemples? Commençons avec la création d’un site web. J’ai déjà deux sites web, mais je ne les aime pas beaucoup, puisqu’ils ont été conçus il y a un certain temps, et ils ne répondent plus à mes besoins. Il y a plusieurs mois, j’avais donné un contrat à une compagnie pour développer mon nouveau site, mais je l’attends toujours.

Mais je ne peux pas blâmer la compagnie, parce que depuis l’octroi du contrat, j’ai changé les spécifications, ce qui a fallu des semaines de retard pendant que je redéfinissais ce que je voulais. Je sais que le résultat sera beaucoup meilleur, mais le fait de vivre avec les retards est assez frustrant quand même.

La leçon ici, c’est que pour avoir quelque chose qui a de l’allure, il faut être patient, parce que la bonne qualité, ça prend du temps.

Pour mon deuxième exemple, je veux discuter de conditionnement physique. Aujourd’hui, je viens de compléter une course de 5 KM pour la première fois. Je me suis inscrit pour la course vers la fin du mois de février, et je croyais à l’époque qu’avec deux mois de préparations, je serais en mesure de courir la majorité de la course, parce que je ne voulais pas simplement marcher le 5 KM.

En réalité, avec le niveau de conditionnement que j’avais au début, il y aurait fallu quelques mois additionnels. De plus, pendant les 3 dernières semaines, je ne me suis même pas entrainé une fois à cause d’une blessure à mon genou. La blessure était le résultat du programme d’entrainement trop progressif que je m’étais fait, parce que je n’avais pas prévu assez de temps de préparation. Plus de temps aurait été bénéfique.

Je pourrais aussi parler de mon livre qui devrait sortir dans les prochains mois. Je croyais avoir complété l’écriture du texte avec assez de temps pour que la production se termine avant ma date limite, (je me suis imposé un “deadline” de mon 50ième anniversaire, au mois d’août) mais les réponses que je commence à recevoir de la compagnie qui fera la publication me laissent avec des doutes.

Mais mon but dans ce blogue est de parler d’entreprises familiales, n’est-ce pas? Bon, alors, quand vient le temps de planifier et d’executer des transitions dans les familles en affaires, est-ce que vous pensez qu’elles se laissent trop de temps, juste assez de temps, ou pas assez de temps?

Dans les exemples que j’ai cités, je parlais de semaines et de mois. Mais quand on essaye de préparer une nouvelle génération pour son avenir dans la gestion d’une entreprise, c’est plutôt en années ou même en décennies qu’on devrait penser.

Et en plus du transfert de la gestion de l’entreprise, il y a aussi le transfert des actions de la compagnie. Avec tout cela, il faut penser en termes de gestion de la famille, pas simplement de la business.

Du point de vue de la complexité, on ne parle pas nécessairement de projet comme la construction du CHUM ou du nouveau Pont Champlain, mais si on doit se faire un échéancier, le nombre d’années devient comparable.

Quand il s’agit de décisions importantes, et de changements qui affectent beaucoup de gens, et surtout des gens que nous aimons, il est quasiment impossible de prendre trop de temps pour être sûr de notre coup.

Malheureusement, les familles attendent souvent trop longtemps pour commencer ces transferts importants. J’essaye de vous convaincre autrement, et j’espère que vous saisissez le message.

Steve Legler “gets” business families.
 
He understands the issues that families face, as well as how each family member sees things from their own viewpoint.
 
He specializes in helping business families navigate the difficult areas where the family and the business overlap, by listening to each person’s concerns and ideas.  He then helps the family work together to bridge gaps by building common goals, based on their shared values and vision.
 
His background in family business, his experience running his own family office, along with his education and training in coaching, facilitation, and mediation, make him uniquely suited to the role of advising business families and families of wealth.
 
He is the author of Shift your Family Business (2014), he received his MBA from the Richard  Ivey School of Business (UWO, 1991), is a CFA Charterholder (CFA Institute, 2002), a Family Enterprise Advisor (IFEA 2014), and has received the ACFBA and CFWA accreditations (Family Firm Institute 2014-2015).
 
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